Plaute (Titus Maccius Plautus)
(env. 254 à 184 av. J.-C)

Merci au site Atrium : http://www.yrub.com/histoire/plaute.htm

Natif de Sarsina, en Ombrie,
Plaute était le plus populaire des comiques latins.

La tradition rapporte qu’il vint à Rome et qu’il fut dans un premier temps comédien. Ensuite il voulut faire des affaires mais fit rapidement faillite et fut ruiné. Il travailla alors comme garçon meunier et dans le même temps commença à écrire des pièces. On dit que plus de 130 pièces circulaient sous son nom à la fin du II° siècle mais on ne peut lui en attribuer avec certitude que 21 (selon la liste fournie par Varron, le célèbre érudit qui fut le premier directeur de la nouvelle bibliothèque de Rome).

Un problème se pose cependant au sujet de son nom déjà : en effet Maccius était le nom d’un personnage de la comédie (celui qui avait une «grosse mâchoire») et Plautus, outre le fait que cela puisse venir de ses pieds plats, était aussi un personnage de la comédie (celui qui portait des sandales ; en comparaison des acteurs tragiques qui portaient des cothurnes).

Mais ce sont aussi les éléments de sa biographie qui nous interpellent ; ses débuts de comédien, puis sa ruine et son travail dans un moulin entrent tout à fait dans la trame comique des pièces de l’époque. Plaute ne fut-il qu’un auteur imaginaire ? Certains l’ont prétendu, nous ne nous rangerons pas à leur avis, bien que l’on ne puisse définitivement trancher en la matière.

Les comédies de Plaute sont le premier ensemble de grande dimension que nous ayons de la littérature latine. Il allie théâtre grec et théâtre italien (bien qu’il ne soit pas le premier à le faire, Livius Andronicus l’ayant déjà fait). Le théâtre grec auquel il emprunte est celui de la fin du IV° et du début du III° siècle. Ses auteurs de prédilection sont : Ménandre, Diphile, Philémon. Ce sont des auteurs qui appartiennent à la Nea (la comédie nouvelle) et qui se distingue de la comédie ancienne (Aristophane, V° siècle). La grande différence entre les deux genres consiste dans le fait que la Nea n’a déjà plus la liberté d’expression qui était celle des auteurs «anciens» (pensons aux Nuées d’Aristophane) ; la société n’est plus démocratique, pas question donc de tourner les puissants en dérision sans courir de risques.

De ses modèles Plaute va reprendre les personnages et les lieux (villes grecques) mais il va farcir ses textes de références latines (lois, magistratures, coutumes, lieux…). En outre, Plaute utilise le procédé de la "contaminatio", c’est-à-dire qu’il prend une pièce, la déconstruit, et y greffe des actions se déroulant dans d’autres œuvres (Térence reprendra cette méthode). Ses pièces mettent souvent en jeu des esclaves rusés, des matrones revêches, des pères grondeurs, des courtisanes, des « parasites », des soldats fanfarons, des jeunes gens amoureux…

Ce sont souvent des comédies type «Fourberies de Scapin» ; un esclave malicieux s’arrange pour qu’un jeune homme follement épris d’une jeune fille appartenant à un léno (marchand d'esclaves) puisse réunir la somme nécessaire à son rachat, somme généralement subtilisée au père du jeune homme…La comédie se finit généralement bien: l’on découvre que la fille était de condition libre, elle est soustraite au léno et l’esclave n’est pas puni pour sa malice.

Son style est parfois grossier, ses intrigues défient parfois la vraisemblance mais sont toujours pleines de vie. Il faut bien comprendre que la comédie de l’époque était accompagnée de très nombreux chants et musiques, en fait les dialogues n’occupaient que le tiers de la pièce. Cicéron dira «Ce qui m’intéresse au théâtre c’est le chant, la musique et les jeux de mots, mais pas l’histoire…» c’est une opinion que partage le peuple.

Notons encore que la plupart de ses œuvres s’ouvrent par le discours d’un certain Prologus (c’est de là que vient notre prologue…) ; il se pouvait aussi que le discours introductif soit prononcé par un dieu. Ce discours servait à résumer l’intrigue et à se concilier les bonnes grâces du public (le résumé est souvent entortillé et servait de «plaisanterie introductive»).

Son œuvre

Avant de voir le contenu de son œuvre il convient de savoir qu'elle est passée entre les mains de nombreux «correcteurs potentiels» avant de nous parvenir. Signalons principalement son Amphitryon qui a comme sujet les amours de Jupiter de d’Alcmène et la naissance d’Hercule. C’est la seule pièce de Plaute ayant un sujet mythologique, il la qualifie de «tragi-comédie». Elle inspira le fameux Amphitryon 38 de Giraudoux. D'autres titres: Mercator (le Marchand) ; Persa (le Persan) ; Asinaria (la Comédie des Anes) ; Pseudolus (le Menteur) ; Mostellaria (La Comédie du fantôme) ; Aulularia (La Marmite ; qui inspira l’Avare de Molière en 1668). L’avènement du classicisme en poésie, à l’époque augustéenne, porta un rude coup au crédit de Plaute. Horace le jugera grossier et archaïque, bien que ne lui déniant pas tout intérêt. Il faudra attendre le II° siècle et son mouvement archaïsant pour voir Plaute remis au goût du jour.